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Une Vie Simple

16 août 2026 par
Joanna Husson
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"Chers rêveurs, je vous écris depuis le paradis."

​C'est comme ça que je pourrais commencer ce nouvel article. J'évoquais dans mon dernier article le fait que je rêvais d'écrire ailleurs, de m'évader et de vous écrire des sortes de cartes postales sur la vie, l'amour, un peu tout. C'était le 7 août dernier.

Le lendemain, je reçois un appel "Hey Jo, je pars en vacances pendant une semaine, tu veux occuper ma maison pendant mon absence?". Vous imaginez bien que j'ai dit oui 14 fois. Au moins. 😁.

Alors aujourd'hui je vous emmène en vacances avec moi dans ce qui, pour moi, le temps d'une semaine, a été un véritable paradis.

​Je n'avais pas prévu d'écrire sur mon blog cette semaine, j'ai volontairement laissé tout ce qui ressemble à du travail dans mon appartement. Sauf mon ordinateur, parce que j'adore les jeux vidéos et je voulais jouer un peu le soir 😋. 

Mais aujourd'hui je veux profiter du fait de l'avoir pour écrire, parce que d'abord j'aime écrire mais aussi parce que je me suis dit que je n'aurai peut-être pas d'autre occasion de vous écrire depuis un endroit dans lequel je me sens aussi bien et détendue. Alors considérons que je ne travaille pas aujourd'hui. Je partage simplement un moment de bonheur avec vous, comme pour pouvoir le figer dans le temps et faire en sorte qu'il ne disparaisse jamais. Tout le monde le sait, les paroles s'envolent. Les écrits restent et donnent aux histoires une saveur d'éternité. 

Par respect pour ses propriétaires, vous ne verrez que très peu de détails de cet endroit. A la place, ce sont mes mots qui vont dessiner des paysages, des émotions, des instants pour vous.

​Quand je parle de paradis, vous imaginez peut-être une plage, une île déserte, mais autant vous le dire tout de suite, mon paradis aujourd'hui n'a rien à voir avec Tahiti, je n'ai pas pris l'avion pendant des heures pour m'y rendre, je n'ai pas eu besoin de passeport ni même de carte d'identité. Rien de tout cela.

Alors où suis-je? A moins de 20 km de l'appartement que j'occupe habituellement. Comme quoi, il ne faut pas forcément aller au bout du monde pour se sentir bien. La seule différence avec mon monde habituel est que je suis passée de la ville à la campagne. Et pour l'amoureuse de la nature que je suis, c'est un cadeau tombé du ciel.

​Imaginez une petite maison à la campagne, posée sur un terrain couvert d'arbres magnifiques qui apportent ombre et fraîcheur alors que la température flirte en toute impunité avec les 40 degrés... Je ne parle pas d'une villa de 200 m², mais d'un endroit chaleureux où règne la simplicité. Au rez-de chaussée, le salon et la cuisine sont combinés dans un espace ouvert, à l'étage, l'unique chambre est mansardée et offre deux ouvertures vers le ciel, les murs, le sol et plafonds sont faits de bois, et un des murs est constitué d'une baie vitrée qui ne s'ouvre pas mais laisse entrer une douce lumière. L'étage est entouré d'arbres, et au moment où j'écris ces mots, le vent fait danser leurs branches créant des milliers de reflets et d'ombres qui illuminent la pièce. Ici il n'y a pas de bureau, je suis installée directement au sol face à la baie vitrée et je profite de l'instant pendant qu'un léger courant d'air rafraîchissant me caresse le visage.

J'aurais pu écrire dehors, sur la petite terrasse installée sous les arbres, mais aujourd'hui la pluie est enfin de retour après des jours et des jours de canicule intense. Alors c'est en hauteur que je vous écris, pas comme une princesse dans son donjon, loin de là, mais plutôt comme une enfant qui aurait grimpé aux arbres et qui aurait fabriqué une cabane, un refuge dans lequel elle pourrait s'isoler à tout moment pour laisser ses pensées aller et venir. Autour de moi, de la lumière, face à moi, des branches, des arbres, des oiseaux. Daisy, mon chat, est venue se coucher près de moi. Elle aussi a vécu une semaine de rêve.

​Cette semaine a été la plus simple possible pour elle comme pour nous (Théo - mon fils - et moi). Je crois que ce que j'ai aimé par-dessus tout c'est le calme incroyable qui règne ici. Je peux passer la journée à écouter les oiseaux sans problème. C'est tellement reposant! Les voisins sont adorables et, bien que proches de la maison, d'une discrétion appréciable. La vie dans un immeuble ancien n'est pas faite pour ceux qui aiment le calme. Ici, il n'y a pas de portes qui claquent, de meubles qui traînent, de voitures qui passent juste sous vos fenêtres nuit et jour... Rien de tout ça. Et les artistes le savent bien, avoir l'esprit tranquille est vraiment nécessaire à la création.

Ici, ma créativité est décuplée. Parce que mon esprit est en paix

Dans un tel environnement je peux écrire tranquillement, peindre, danser, reprendre la musique que j'ai du abandonner à cause de la vie en appartement. Je ne cesserai de le répéter, nous sommes le fruit de notre environnement. Je l'évoquais dans mon poème Bouton de Rose, pour pouvoir nous épanouir, nous avons besoin d'être "plantés au bon endroit", et nous avons besoin de temps. Je persiste et signe.

Je crois que c'est encore plus vrai pour un artiste. La création prend du temps. Le temps de se trouver soi-même, puis le temps que les autres nous trouvent. Faut-il sacrifier sa tranquillité d'esprit pour y parvenir? Je suis certaine que non. 

On attire ce que l'on est. 

Alors autant être la version la plus sereine de soi-même, vous ne croyez pas? 

Alors je prends le temps, même si ce n'est pas facile. Même si mon travail ne paie pas pour le moment, il me rend heureuse est c'est déjà un bon début. J'ai ce que beaucoup de gens recherchent. Il ne me manque qu'un peu plus d'argent pour bien vivre. A l'inverse, beaucoup de gens ont l'argent, mais cherchent le bonheur toute leur vie... et le cherchent dans "toujours plus d'argent". Je crois que j'ai l'avantage de savoir vivre avec très peu et de ne pas forcément chercher à posséder plus de choses que ce dont j'ai réellement besoin. Du coup il devient très simple pour moi d'être heureuse. Et surtout j'aime profondément la nature. Et par chance même sans argent, il est possible de s'y réfugier, de trouver une forêt, un parc, un endroit isolé et calme. Pendant une semaine, j'ai donc pu vivre au milieu des arbres. Quel cadeau de la vie! Je lui suis infiniment reconnaissante.

7 jours de bonheur. Voilà ce que je viens de vivre.

Pour autant, nous n'avons pas fait des choses dingues, nous avons la majeure partie du temps simplement profité des environs, des randonnées en forêt, de la découverte des lacs environnants. Côté nourriture, le fait d'être à la campagne offre la possibilité d'avoir un accès direct à des fruits et légumes frais et délicieux, qui n'ont rien à voir avec les fruits et légumes de supermarché! J'ai arrêté de compter le nombre de tomates que j'ai mangées! 😂

En plus de tout ça, il se trouve qu'une éclipse solaire a eu lieu cette semaine, le 12 août. La maison se trouvant sur les hauteurs du village et juste à côté d'un champ, nous n'avons eu qu'à sortir juste à côté pour apprécier ce spectacle si beau, si unique... Pour moi qui adore la lune et qui voit entre le soleil et la lune une belle histoire d'amour à distance, c'était tout simplement magique. La pluie d'étoiles filantes qui a suivi le soir-même est venue sublimer une journée déjà parfaite.  

Il y a deux semaines, je parlais à ma nièce de 19 ans qui est d'une génération qui vit littéralement avec un téléphone vissé dans la main, et qui apprend la vie à travers le filtre des réseaux sociaux, que si elle apprenait à aimer la nature elle aurait toujours un refuge, toujours un moyen de sortir, de s'aérer, de faire du sport. ou tout simplement de se sentir bien. 

Parce que la vie n'est pas faite que de ce qu'on voit derrière nos écrans, qu'ils soient des écrans de téléphone ou des télévisions, elle est surtout faite de ce que nous vivons réellement au quotidien. Et quand on apprend à aimer la nature (ou mieux encore, qu'on l'aime naturellement, sans se forcer), alors on se sent riche de chaque expérience vécue à l'extérieur. 

Les couchers de soleil, la lune, les étoiles, la montagne, la forêt, l'océan... 

tout ça devient un trésor.

Vous pensez peut-être que j'exagère, mais je ne parle que de choses que j'ai vécues. Un jour ma vie s'est écroulée sous mes pieds et j'ai du tout recommencer. Repartir à zéro, sans argent. Deux choses m'ont sauvée: mes amis et ma famille qui ont volé à mon secours pour me permettre de survivre matériellement, et la nature qui m'a permis de tenir le coup émotionnellement. Voilà pourquoi je lui rends hommage dans mes peintures, à ma façon.

Aujourd'hui, je ne veux plus survivre. Je veux vivre. 

Et surtout je veux laisser à mon art une chance d'exister dans sa forme la plus sereine.

Alors je laisse mes doigts danser sur mon clavier pendant que mes pensées virevoltent comme des papillons autour d'une fleur, en espérant que ces mots vous trouvent un jour, qu'ils vous aident peut-être et qu'ils vous rappellent, s'il est nécessaire de le faire, que le bonheur se cache dans les choses simples et que si vous le cherchez, c'est peut-être comme moi, dans la version la plus simple de vous-même que vous le trouverez.

Joanna 🦋


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